Les vrais vampires

Les vrais vampires

Le nom de Vampire eut tant de retentissement qu’il s’appliqua, par un de ces changements d’acceptation fréquente en linguistique, non plus aux morts qui venaient sucer le sang des vivants, mais aux hommes qui avaient fait acte de vampirisme.

 

Le vampire classique a soif de sang. Il le boit à même le cou de sa victime. Mais il en est d’autres qui s’en imprègnent, s’en inonde, se baigne littéralement dedans, comme Élisabeth Bathory.

D’autres encore profanent les cadavres afin de s’accoupler avec eux ou de pratiquer des incisions et diverses manipulations sadiques, notamment avec les intestins. Parmi ceux-là, beaucoup découpent les parties sexuelles et les emportent avec eux

Tous sont des familiers de la mort. Celle-ci ne déclenche chez eux aucune crainte, aucune répugnance, aucun respect.

Au contraire, elle les excite et les exalte.

Ceci est tellement vrai qu’il se produisit à la morgue de Paris une série de faits vite réprimée et dont une surveillance attentive empêcha le retour.

Un certain nombre d’individus avait été surpris à diverses reprises à se masturber devant la vitrine où les corps étaient exposés.

S’il est difficile de dépister la nécrophilie d’intention, il existe une nécrophilie d’occasion.

Lorsque la vue seule du cadavre ne suffit pas à porter à son maximum l’excitation sexuelle, qu’il faut en plus la mutilation, nous nous trouvons en présence du nécrosadisme.

De même que le nécrophile, le nécrosadique peut profiter des cadavres qu’il trouve à sa portée et, s’il n’en trouve pas, s’en procurer par exhumation,

Beaucoup plus, fréquent est le cas du dépeçage après meurtre. Le nécrosadisme, en effet, n’est pas isolé; il se rattache étroitement au sadisme et au meurtre sadique.

Le mutilateur peut se servir d’un instrument contondant ou tranchant. L’identité des mutilations dans tous les cas est remarquable: la région génitale, celle qui intéresse le plus le nécrosadique,offre le siège le plus fréquent des mutilations: vulve ou organes sexuels mâles.

Les seins, à ce point de vue, doivent être considérés comme des organes génitaux.

L’éventration vient en second ligne. Le nécrosadique plonge les mains dans les cavités splanchniques, étreint les viscères, les arrache, comme s’il pénétrait ainsi plus intimement l’objet de sa passion. L’odeur repoussante des intestins semble exacerber la frénésie du vampire. Bertrand, par exemple, se masturbait en serrant convulsivement les entrailles de ses victimes.

Le visage est souvent dilacéré et les membres ne sont pas épargnés; les amputations de Jack l’Éventreur en témoignent.

Un homme recherche activement des cadavres afin de les mutiler, voilà le nécrosadique.

Un autre voit un corps privé de vie. Il pratique, poussé par un instinct qui se retrouve chez certains animaux, le coït sur le corps, ou toute autre manœuvre, acte sodomique, succion mammaire, etc. Tel est le nécrophile.

Un autre encore éprouve le désir irrésistible de boire du sang chaud, et même de dévorer des morceaux de chair humaine, avec toutes les conséquences meurtrières que cela comporte, voilà le vampire à l’état pur.

 

Source: Diable, démons et Vampires. Édition: Poche Sélect. 1977