Elizabeth Bathory

Elizabeth Bathory

Les vampires ne sont pas tous comme ceux dans les films. Ils sont pour la plupart humains, mais avec des penchants extrêmes. Certains font du cannibalisme, d’autres sont nécrophiles et bien d’autres. Et voici le cas d’Élizabeth Bathory.

 

Cette femme d’une grande beauté, qui appartenait à une des plus illustres familles de la Hongrie, naquit en 1560.

Elle mourut en 1614, murée dans son château de Csejthe par décision de justice.

Sadique de nature, elle ne devait passer aux actes qu’aux approches de la maturité : obsédée par l’idée de conserver sa jeunesse et sa beauté, elle crut volontiers une prétendue sorcière qui lui déclara que le seul moyen d’obtenir un résultat consistait à prendre des bains de sang frais.

Différents complices lui procurèrent alors un nombre toujours croissant de jeunes servantes razziées dans les villages des environs.

Elle se livra bientôt, sans aucune retenue, à toutes les atrocités imaginables. Son château devint un lieu de cauchemar, inondé de sang et encombré de cadavres.

 

son histoire :

Nous empruntons à Valentine Penros, de loin la meilleure biographe de la comtesse sanglante (Édition du Mercure de France, 1969), la description hallucinante de ses pratiques :

« La Comtesse, jusque-là poussée par le plaisir de faire souffrir et de saigner les servantes, s’était donné l’excuse de punir quelque faute commise par ses victimes. À présent, le sang versé ne l’était qu’en vertu du sang, et la mort donnée, qu’en vertu de la mort. Darvulia descendait aux caves, choisissait les filles qui lui paraissaient les mieux nourries et les plus résistantes. Aidée de Dorko, elle les poussait devant elle dans les escaliers et les passages mal éclairés conduisant à la buanderie où sa maîtresse se trouvait déjà, rigide dans sa haute chaire sculptée, tandis que Jo llona et d’autres s’occupaient du feu, des liens, des couteaux et des rasoirs. »

« Les deux ou trois jeunes filles étaient mises complètement nues, cheveux défaits. Elles étaient belles et avaient toujours moins de dix-huit ans, parfois douze; Darvulia les voulait très jeunes, car elle savait que si elles avaient connu l’amour, c’en
était fait de la bonne âme de leur sang. »

« Dorko leur attachait les bras très serrés et se relayait avec Jo llona pour les battre avec une baguette de frêne vert qui creusait d’affreux sillons. Parfois, la comtesse continuait elle-même. Lorsque la jeune fille n’était plus qu’une plaie
tuméfiée, Dorko prenait un rasoir et incisait ici et là. »

« Le sang jaillissait de partout, les manches blanches d’Ersébet Bathory se teignaient de ce déluge rouge. Bientôt, elle devait changer de robe tant elle était couverte de sang. La voûte et les murs ruisselaient. Lorsque la fille, enfin, était près de mourir, Dorko avec des ciseaux ouvrait les veines des bras d’où s’écoulait le dernier sang de son corps. »

« Certains jours, comme la Comtesse était lasse de leurs cris, elle leur faisait coudre la bouche pour ne plus les entendre. »

« La première fois qu’elle vit mourir, Ersébet eut un peu peur et contempla le cadavre sans avoir l’air de comprendre. Mais ce semblant de remords fut passager. Par la suite, elle devait s’intéresser au temps que cela pouvait durer, et aussi à la durée du plaisir sexuel, du plaisir sorcier. »

« Voluptueusement assurée de son impunité au fond des caves de Csejthe, elle s’abandonna tout entière aux jeux des flammes, des torches et des flambeaux qui animaient les phases du rite insensé. »

 

Naturellement, malgré toutes ces horreurs, la Comtesse continuait à vieillir. Sa sorcière la persuada de prendre de véritable douche de sang pour hâter les résultats tant espérés.

Les filles, que l’on amenait en nombre toujours plus grand, furent alors saignées comme des porcs.

On leur attachait les bras avec des cordes très serrées et l’on coupait veines et artères. Le sang jaillissait et était recueilli dans un pot. Puis, quand la fille, exsangue, agonisait par terre, le liquide chaud était versé sur la Comtesse assise.

La rumeur publique finit pourtant par émouvoir les autorités. Le roi Mathias, alerté, ordonna une enquête.

Celle-ci fut édifiante. Il y eut procès et condamnation à mort.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, de nombreuses suppliques furent adressées au roi en faveur de la coupable. Mais c’est principalement pour des raisons politiques que la peine de mort fut commuée. La Comtesse fut condamnée à être
emmurée à perpétuité dans son château. Il fut interdit à quiconque de communiquer avec elle, même au pasteur.

Du reste, elle ne le réclama pas.

Des maçons arrivèrent à Csejthe. Ils murèrent de pierres et de mortier toutes les fenêtres de la chambre dans laquelle elle voyait la lumière progressivement diminuer.

Elle vécut ainsi environ quatre ans avant de mourir.

 

Source : Diable, démons et Vampires. Édition : Poche Sélect. 1977

 

Date de dernière mise à jour : 20/01/2020