Victor Ardisson : le vampire de Muy

Victor ardisson

 

Les vampires ne sont pas tous comme ceux dans les films. Ils sont pour la plupart humains, mais avec des penchants extrêmes. Certains font du cannibalisme, d’autres sont nécrophiles et bien d’autres. En voici un cas.

 

Victor Ardisson était ce qu’on appelle un « pauvre type », mais au demeurant un gros garçon parfaitement inoffensif.

Au régiment, il fut le souffre-douleur de ses camarades. Son caporal riait quand il se plaignait. Aussi s’enfuit-il à plusieurs reprises de la caserne. Quand on allait le chercher, il ne résistait pas et disait:
« Vous faites bien de venir parce que je commençais à avoir faim. »

Après diverses tribulations, il fut réformé et retourna au Muy, dans le Var, d’où il était originaire.

À vingt ans il avait été employé comme fossoyeur et, à cette occasion, il avait profané le cadavre d’une jolie fille dont il « téta les seins ».

À son retour, une longue abstinence sexuelle le conduisit au cimetière et il continua à déterrer des corps de jeunes mortes.

Le 20 février 1901 mourait au Muy une fille de quatorze ans, et, le 22 au matin, on constatait que la fosse avait été ouverte.

« Ardisson était passé par là.

Un peu plus tard, une fille de treize ans, très jolie, à peine enterrée que sa tombe fut visitée. Ardisson la trouva tellement à son goût qu’il voulut l’emporter, mais, le fardeau étant trop lourd, il détacha la tête avec un couteau de poche et, sans même l’envelopper, l’emporta sous le bras.

Cette tête séparée du tronc subit une sorte de momification. Il put ainsi la conserver longtemps et il la couvrait de baisers en l’appelant sa fiancée.

En septembre, Ardisson déterre la dernière de ses victimes. C’était une enfant de quatre ans, Louise M…

Comme elle était beaucoup moins lourde que la précédente, il la mit dans un sac et c’en fut la déposer dans le grenier de sa maison.

Il coucha le petit cadavre dans la paille et, la nuit, il allait le retrouver à l’insu de son père.

Pendant plus d’une semaine, il assouvit ses désirs sur ce corps ; la putréfaction devenait si avancée que le rectum et le vagin ne formèrent bientôt plus qu’un cloaque.

Finalement, les émanations pestilentielles qui provenaient de cette chair en décomposition furent telles qu’Ardisson n’osa plus y toucher.

Son père monta au grenier et y découvrit les lugubres restes; il prévint aussitôt la police.

Victor, arrêté, fit des aveux immédiats.

 

 

Source: Diable, démons et Vampires. Édition: Poche Sélect. 1977