Concepts de l'âme en Egypte Antique

Images 1

L’Ancien Egyptien concevait la mort comme un passage. Autrement dit, après cette vie, existera une autre vie. Voilà qui explique le pragmatisme de l’Ancien Egyptien : il faut réussir dans cette vie, car l’après – vie dépendra de la façon dont on a vécu sur terre.

 

C’est à ce niveau qu’intervient le concept de MAÂT (Justice, rectitude, vérité, droiture, règle immuable de l’univers, cohérence et ordre) opposé à celui de ISFET (« le chaos, le désordre, le laisser aller, bref le mal sous toutes ses formes » et tout Ancien Egyptien est convié à être MAÂTY (homme juste, droit, vrai, honnête, etc.) durant sa vie terrestre.

Les « Enseignements » et les « Maximes » des sages d’Egypte étaient donnés pour ouvrir et élargir l’esprit et le cœur de l’Ancien Egyptien. Le cœur est le siège de Maât. De ce fait, « les vivantes » (les oreilles) devraient être perpétuellement à l’écoute des paroles de sagesse. Un MAÂTY devrait respecter la règle d’or : « Agir dans le strict respect de soi même et des autres ».

Parmi les sages, auteurs des « Enseignement » et des « Maximes », nous pouvons citer le pharaon Amenemhat 1er qui a écrit un testament spirituel pour son successeur, Sesosetrir 1er  Hor – Ojedef, fils du pharaon Khéops, les vizirs (hommes chargés par pharaon pour faire régner et vivre Maât sur la terre d’Egypte et de la placer dans les rapports sociaux), Ptah – Hotep, Kagemni, Imhotep et des prophètes comme Ipou – Our, etc. Citons aussi Aménémopé qui a dit, entre autres : « Le dos ne se brise pas quand il s’incline » et « Gardes – toi de voler un malheureux, d’être violent envers un infirme ».

Tout ceci montre que, comme tout homme sain, l’Ancien Egyptien ne voulait pas mourir le plus vite possible afin de profiter de la vie éternelle. Pour la mort, cet Ancien Egyptien attendait la récompense de la vie éternelle de la part d’Osiris, et pour cela, il s’efforçait à vivre dans la droiture, l’amour du prochain, la justice, le travail bien fait, etc. Voila pourquoi, « pour vivre sa vie éternelle aussi pleinement et aussi joyeusement que sa vie terrestre, l’Egyptien avait à cœur de se faire construire [ou de construire soi même] une tombe, a la mesure de ses moyens »

Egypte

A dire vrai, l’ancien Egyptien a abordé la mort de manière aussi directe et à la fois aussi complexe. Oui, la mort est pour lui à la fois une transition et une déplaisante nécessité. Toutefois ajoutons que cette transition qu’ est la mort était parsemée d’embûches.  La survie de l’âme dépendait d’une connaissance suffisante de la théologie et des formules magiques efficaces. Ce qui justifie la présence du Livre des morts.

Les égyptiens pensaient que tout individu se composait de sept éléments: le corps, le nom, shout (ombre), le cœur, l’akh, le ba et le ka; certains de ces termes sont malaisés à appréhender car ces notions n'existent pas dans notre concept corps, âme et esprit.

Les termes de Akh, Ba et Ka désignent les composantes de la partie spirituelle des hommes

 

Ba.

Ba

Représenté comme un oiseau à tête humaine, le ba est l'énergie de communication, de transformation et de déplacement de chaque personne. « âme (indivisible) », « esprit ».

Comme avec des humains, les divinités pourraient également avoir le Ba voire plusieurs. Quand un dieu intervenait dans des affaires humaines, on disait que ses baou (pluriel de ba) du dieu étaient au travail. A cet égard, le roi pouvait être considéré comme le ba d'un dieu. D'autre part une divinité pouvait être investie par le ba d'une autre divinité.

(Ci-contre le Ba représenté sous la forme d'un oiseau de la tombe N° 359 à Deir El Medina)

Djet.

Le corps djet (ou sab ou khet) matériel, est le réceptacle des composantes de la personnalité telles que le ba, le ka, l'akh, l'ombre ou le nom. « corps visible », « corps matériel et visible », « forme extérieure ». Les Egyptiens distinguaient, un « corps matériel, invisible » et un « corps de l’au – delà »

C'est pourquoi sa préservation est primordiale et c'était une punition des plus redoutées que d'avoir son corps démembré ou privé de son intégrité.
Djet devient Khat, un cadavre qui deviendra une momie, si l’on opère sur lui tous les rites de l’embaumement, qui le préservera de l'action du temps.
Malgré son importance, le corps n’avait pas de caractère unique car une image ou une statue pouvaient le remplacer.

Ka.

Ka

Le Ka représente le double immatériel de l'être et incarne les forces vitales de chacun.« esprit / intellect », « esprit de vie », « esprit vivificateur »

Le mot appartient a une racine qui signifie 'nourriture" et dont le hiéroglyphe s'écrit à l'aide de deux bras levés. A l'opposé du Ba, élément dynamique, la Ka représente un élément statique.

Le Ka était présent aussi bien chez les dieux que chez les hommes. Cependant, les dieux en possédaient souvent plusieurs par exemple Rê en avait quatorze qui représentaient toutes les expressions de sa personnalité.

Ci contr le Ka du roi Hor (fin du Moyen Empire)

Akh.

Akh

Akh

Akh est souvent traduit par « transfiguré » faute de mieux. Ce mot est apparenté à une racine égyptienne qui signifie "lumineux", "utile", « corps spirituel/lumineux », « transfiguré » ou « illuminé », « esprit ».

Pour matérialiser cette idée on utilisait le hiéroglyphe représentant un ibis à aigrette dont le plumage vert foncé avait des reflets métalliques. Ce principe lumineux et immortel faisait partie des éléments invisibles de la personnalité. Il est lié au principe de puissance créatrice utilisé en magie.

Nom.

Par l'attribution d'un Nom, un individu devient un homme, différencié, repérable, faisant partie d'un ensemble par ses attaches mais possédant une personnalité, une identité reconnue et un destin. L'efficacité d'un rite ne peut être assurée que si le bénéficiaire est nommé. Hommes et dieux sont tributaires des rites, et la connaissance des noms des êtres est la condition essentielle pour agir sur le monde.

La puissance potentielle du nom est aussi un point de vulnérabilité. Les magiciens connaissaient le pouvoir attaché à la connaissance du nom. En le modifiant, ou en l'utilisant dans des rituels aux fins parfois inavouables, il devenait possible d'attenter à la personne désignée.
Enfin, effacer le nom d'une personne sur ses monuments (ce qui a été fait pour Akhenaton) équivalait non seulement à effacer son souvenir dans le monde visible mais aussi à le priver d'existence dans l'autre. C'est pourquoi il existait de nombreux rites, dans le livre des respirations par exemple, qui assuraient la préservation du nom.

Ib.

Ib

Pesée du coeur

Ib, le coeur est à la fois le siège de la pensée et de la conscience mais c'est surtout l'emplacement de la mémoire qui va pouvoir témoigner devant les juges.

Le cœur était remis en place dans la momie après l'embaumement. S'il venait à disparaître le défunt ne pourrait pas se présenter devant le tribunal c'est pourquoi le défunt disposait de cœur de remplacement qui prenait sa forme ou celle d'un scarabée et sur lequel était gravé des extraits du "Livre des Morts".

A gauche, le cœur du défunt est placé par Horus sur un plateau de la balance tandis qu'Anubis vérifie que cœur est plus léger que la plume de Maât

Shaï.

A l'origine Shaï ( ou Chaï) était un constituant de la vie. A partir de la Basse Epoque il devient un entité indépendante. C'est un génie protecteur qui représente le destin favorable tardivement associé à Renenoutet. Il déterminait la durée de la vie de chaque homme et il était présent lors du jugement de l'âme du défunt.Il est figuré par un cobra à tête humaine. Il est parfois considéré comme l'époux de Meskhenet, la déesse des naissance et plus tardivement il fut associé à Renenoutet.

Shout.

ombre

Shout, l'Ombre est une des composantes visible de l'individu qui lui est affectée dès sa naissance et qui continue à exister dans l'Au-delà même après la mort.
Le "Livre des morts" consacre le chapitre 92 à décrire à sa circulation en compagnie du Ba durant le jour.

Il semble que les divinités aient aussi une ombre puisque Akhénaton avait fait construire un temple appelé "l'ombre du Soleil" .
Ci-contre, l'Ombre de Nakhtamon sort de sa tombe (Deir el-Médina)

SHAÏ

« volonté créatrice », « destin/destinée ». Le Shaï humain a un aspect négatif et positif. « Négativement, le Shaï est saisi comme « ce qui limite l’existence humaine », par exemple de « durée de vie », la « mort », le mal ou le « non – être », etc. Ces limites sont indépendantes de la volonté humaine ».Ces facteurs ou limites sont imposées de l’extérieur par le créateur et déterminent, prédestinent, précise Mubabinge. « Positivement ou activement, le Shaï est saisi comme « le libre arbitre » qui permet à l’homme d’être responsable soit de son bonheur, soit de son malheur »

 

source mythologica, louis-mpala